Audrey Azoulay

« La culture, c’est ce qui nous lie, ce qui fonde notre humanité. On a trop pris l’habitude de tout justifier en termes économiques » sont les mots d’Audrey Azoulay, haute fonctionnaire et femme politique française. »

Vous avez surement dû lire son nom entre deux actualités sur votre journal ; en effet, Audrey Azoulay a été élue directrice générale de l’UNESCO par le conseil exécutif.
Née le 4 aout 1972 dans les Yvelines, elle voyage de nombreuses fois au Maroc, notamment durant son enfance. Ses parents, André Azoulay, conseiller du roi du Maroc et Katia Brami, une femme de lettres, s’attachent à lui donner une bonne éducation et une grande ouverture d’esprit comme en témoignent ses études. Audrey Azoulay obtient une maitrise en sciences de la gestion à l’Université Paris-Dauphine, puis ancienne Sciences piste au Service Public, elle entre à l’ENA dans la promotion Averroès (la même que Fleur Pellerin). On devine donc rapidement son engagement dans les structures étatiques.

Néanmoins, au-delà de la politique pure, c’est le monde de la culture qui va la retenir. En effet, après 8 ans au CNC (Centre National du Cinéma), Audrey Azoulay fait sa première entrée à l’Elysée en 2014 auprès de François Hollande, favorisant la promotion de la culture par l’ex- président. A l’origine d’un « plan pour la protection du patrimoine en danger » d’envergure nationale, elle le transposera au-delà des frontières pour le présenter au conseil de sécurité de l’ONU. Ce projet de résolution 2347, sur le même thème est porté par la France et l’Italie et est adopté à l’unanimité. Afin d’instaurer un véritable « dialogue interculturel et intergénérationnel », François Hollande nomme Audrey Azoulay ministre de la Culture et de la Communication en 2016. En parallèle, cette haute fonctionnaire pleine de conviction reste active sur le plan international ; elle a effectué plusieurs missions comme experte pour la Commission Européenne concernant les questions de culture et de communication.

Finalement, c’est en toute logique, de par son parcours professionnel et ses engagements, que François Hollande, le 15 mars 2017, propose la candidature d’Audrey Azoulay au poste de Directrice Générale de l’UNESCO.

« C’est par l’éducation, c’est par la culture, c’est par les sciences, c’est par la défense des libertés que nous agirons dans le long terme efficacement »

Cette déclaration représente les ambitions d’Audrey Azoulay pour l’UNESCO. Tous ces piliers se retrouvent aussi dans son programme qui tente de couvrir tous les domaines d’action de l’organisation, afin de la faire progresser et pour toucher le plus de personnes possible.

  • L’« éducation comme ferment de développement et d’égalité entre les sexes »
    En effet, Audrey Azoulay s’engage pour des mesures en faveur de la parité femme-homme dans les institutions culturelles, qui ont pu être inscrites dans la loi de par son travail antérieur.
  • « Refonder l’ambition culturelle pour l’UNESCO »
    Pour la protection du patrimoine, aussi dans l’univers numérique, qui occupe de plus en plus de place aujourd’hui, des projets comme celui-ci sont prévus.
  • « Référence du développement durable »
    Afin de faire de l’UNESCO un des acteurs phares du développement durable. L’environnement et la biodiversité, mais aussi les sciences ainsi que les innovations font partie de notre culture maintenant, et surtout de notre avenir. Audrey Azoulay comprend parfaitement l’enjeux de ces protections urgentes, notamment quand certains « Leaders » sont climato-sceptiques.
  • Le « forum intellectuel au service des valeurs universelles »
    Le but serait de renforcer, d’amplifier les liens entre les grands penseurs de notre société, peu importe le domaine, tout en rendant l’association plus accessible à tous.

Tout comme Simone Viel, une de ses modèles, Audrey Azoulay sait se battre pour ses idées, autant sur le plan personnel, national, qu’international. L’UNESCO gagne un élément motivé afin de la porter dans ses projets, quand les Etats Unis et Israël ont décidé de partir, ce à quoi elle ne manque pas de réagir :

« Dans ce moment de crise, je crois qu’il faut plus que jamais s’impliquer dans l’UNESCO, la soutenir, chercher à la renforcer et à la réformer et non pas à la quitter. »

Il ne manque plus que l’approbation de la conférence générale des 195 Etats membres de l’UNESCO afin de confirmer son poste de Directrice Générale de l’UNESCO.

Infos brutes : Le déroulement de son élection pour le poste de DG de l’UNESCO

  • Le 15 mars 2017 Hollande propose la candidature d’Audrey Azoulay en tant que directrice générale de l’UNESCO.
  • Au Premier tour du scrutin, elle atteint la deuxième place, avant Moushira Khattab, la candidate égyptienne, mais après le qatari Hamad ben Abdelaziz al-Kawari
  • Au quatrième tour, elle arrive ex aequo avec Moushira Khattab, en deuxième position, encore derrière Hamed ben Abdelaziz al-Kawari.
  • Au dernier et cinquième tour du 13 octobre 2017, à une majorité de 30 voix contre 28 parmi les 58 membres du conseil exécutif, Audrey Azoulay est élue directrice générale de l’UNESCO. • Le 10 novembre, le vote sera soumis à l’approbation de la conférence générale des 195 Etats membres.

Inès Girard, membre de l’Unescube

www.audreyazoulay-unesco2017.fr