Le Courrier Scube #2

Alors qu’approchent les fêtes de fin d’année et que les Scubes prennent un repos bien mérité après leurs examens, nous vous avons tout de même concocté un nouveau numéro du Courrier Scube, le magazine mensuel du double cursus Sciences et Sciences Sociales. Au programme : nostalgie, théâtre, cuisine et one-man show.


Pour les étudiants de deuxième année, l’aventure Scube touche bientôt à sa fin… Laura et Margot reviennent pour nous sur ces deux années écoulées, non sans nostalgie.

Je suis rentrée en 2A avec un unique objectif en tête : profiter, pour prolonger et vivre plus intensément encore tout ce que j’ai pu vivre en 1A. Cette idée ne va pas sans avoir conscience d’une urgence, l’urgence de marquer les instants précieux qui s’enchaînent, diffus dans la vie quotidienne, parce que la Scube aura une fin.

La Scube est un microcosme, fait de travail, de stress associé, de sorties, de soirées, d’instants du quotidien comme parler affalée sur un canapé lors de vendredis soirs posés, comme manger mexicain rue Mouffetard ou encore traverser le Jardin des Plantes à toutes les saisons. C’est une bulle dorée, que l’on crée au début malgré nous (parce qu’on est 40 à avoir choisi le même double-cursus) et que l’on entretient ensuite attentivement. Parce que la Scube, « c’est d’abord des rencontres ». Après un semestre d’adaptation, je me suis attachée à une vitesse exponentielle aux ‘autres’ parce que la 1A implique son lot d’indépendance et paradoxalement la création d’une seconde famille, surtout lorsque l’on ne vient pas de Paris. Je n’ai pas 40 frères et sœurs mais je vis dans un cocon qu’à nous tous nous constituons, au sein duquel j’ai tissé des liens très forts.

Je ne sais pas trop comment considérer ce cocon par rapport au contenu du cursus. On voit la Scube comme un parcours qui va nous permettre d’analyser la réalité selon différents angles, une perspective globale (j’ai du mal avec ces expressions un peu abstraites, de même qu’il y a des « enjeux » et des « problématiques » partout). Mais pour analyser cette réalité, on se forge en dehors des cours un noyau sécurisant, on se laisse couler dans notre vie étudiante, qui est un peu en dehors de la réalité et qu’on ne veut plus quitter. Je me sens en tout cas vraiment chanceuse de tout ce que je vis.

Je ne veux pas dire par là que la Scube est le Graal pour tout Terminale scientifique ou que le contenu des cours est parfait. À Sciences Po ce semestre, je suis par exemple restée hermétique à la matière « Espace mondial », dont je n’ai pas compris la méthode pour cerner des questions et phénomènes d’actualité (place de l’Etat, migrations, religions, climat…). Pour autant, il s’agit de tirer le meilleur de chaque expérience. Ce cours m’a par exemple confirmé une idée naïve que je m’étais faite : je ne peux pas seulement parler pour me sentir utile, il faut que j’agisse autrement à mon échelle (et finalement, c’est peut-être l’un des objectifs du prof d’instiguer cet engagement chez les étudiants).

Du côté de la fac, j’ai choisi de me spécialiser en chimie. La matière vaut le coup, alors que nous sommes seulement deux électrons libres (tout à fait) avec Julie à l’avoir choisie. Je retiens surtout de ce premier semestre les TP en labo avec du bon matériel, pendant lesquels je me suis sentie plus pro, bien plus qu’au lycée ou même qu’en 1A. La 2A constitue un pas en avant dans mes études supérieures, et les TP me raccrochent à ce que j’aime dans la chimie. Oui parce que je dois bien reconnaître que j’ai complètement lâché la partie théorique ce semestre, que je m’attelle à rattraper pendant ces vacances. En Scube, il s’agit aussi de rattraper son retard accumulé parce qu’on n’a pas trouvé pendant le semestre le savant équilibre entre détente et assimilation des cours.

La Scube est le cadre d’une multitude de tests que l’on fait envers soi-même, en tant qu’étudiant.e et avant tout en tant qu’être humain, avec de nouveaux qui s’annoncent à l’étranger en 3A. Je suppose que notre vie ressemble à celle des autres étudiants : remarquer le fossé énorme avec le lycée parce que l’on devient plus indépendant, découvrir que l’on peut faire des choix par et pour soi-même, avoir ses incertitudes, se remettre en question, est le lot de tout jeune adulte normalement constitué. Mais pour ma part, je n’imagine pas ma vie de jeune adulte autrement que mise à flot par la Scube. J’en suis vraiment fière et heureuse, et nous avons encore tout un semestre pour en profiter ensemble. Et puis, il paraîtrait qu’à la fin de cette 2ème année, nous restons les mêmes personnes, avec notre mémoire, et que nous avons donc le reste de notre vie pour garder contact une fois que la bulle dorée aura en théorie éclaté.

Laura Astier

Quand on me demande « Qu’est-ce que c’est la Scube ? » en général je réponds « un double cursus en Sciences et Sciences sociales entre Sciences Po Paris et l’Université Pierre Marie Curie », et toi aussi, futur Scube, tu te décris sûrement la Scube ainsi. Mais si la Scube c’est effectivement deux diplômes, une formation exigeante, beaucoup d’heures de travail, une troisième année à l’étranger, un cursus formant des profils polyvalents, et bla et bla et bla…, la Scube c’est avant tout deux années de ta vie entre tes 18 et tes 20 ans au sein d’une petite promo avec qui tu vas partager beaucoup, beaucoup de choses.

Et, pour nous, la Scube, ça a été des fous rires à en pleurer en cours de droit, ça a été des moments de détresse partagés au premier exam de maths, ça a été trois voyages de promo inoubliables, Prague, Sils, Lisbonne, ça a été des « Tu m’appelles 10 fois à 7 heures pour être sûr que je me réveille », ça a été des « Bon bah je me suis réveillé à 11 heures, mon semestre est foutu », ça a été des nuits blanches partagées pour finir un devoir, ça a été des dizaines de cadeaux de Noël canadien, ça a été la campagne pour la présidence de l’association, ça a été des dîners avec nos profs, ça a été des soirées sur les quais de Jussieu, ça a été des Skypes collectifs, ça a été des pulls de promo au design douteux, ça a été deux intégrations, des raviolis, des oeufs, et une sèche, ça a été des diners pâtes ou magrets de canard selon les exigences de chacun, ça a été des séances de sport collectives, ça a été des débats enflammés, ça a été des week-ends post-partiels, ça a été 36 Scubes, 36 expériences et des milliers de souvenirs qu’on ne pourrait jamais tous écrire.

Ainsi, chers 0A, vous l’avez compris, dans six mois, ma promo et moi on passe notre tour, on a vécu notre Scube, elle a été unique, et on espère que la vôtre le sera tout autant !

Margot


L’actualité de la Scube

La Scube est une grande famille, mais l’association Scube ce sont plusieurs pôles tenus par les élèves eux-mêmes. Aujourd’hui lumière sur le pôle Unescube, contraction de Scube et Unesco, car il s’agit d’un des clubs de la Fédération Française pour l’Unesco dont le but est de partager les valeurs attachées à l’éducation, la culture, la communication et les sciences bien sûr.

Tout au long de l’année, les membres du pôle Unescube s’activent pour organiser des conférences, ateliers ou des événements tout aussi variés que passionnants (et bien sûr, c’est dit en toute impartialité). Le mois de novembre fut riche en événements puisque l’Unescube a reçu au début du mois M. Han Qunli, directeur de la division des sciences écologiques de la Terre à l’Unesco, venu présenter le programme Man and Biosphere.

Le 21 novembre, les membres de l’Unescube ont mis un peu les sciences de côté et ont accueilli une troupe d’acteurs hors du commun, venus du camp de réfugiés de Calais présenter une pièce de théâtre retraçant leur périple de leurs pays d’origine jusqu’en France. La représentation particulièrement émouvante fut suivie par une séance d’échange avec les acteurs et de leurs accompagnateurs venus du Secours Catholique de Calais.

Le premier semestre est à peine terminé que l’équipe du pôle est déjà en train de concocter un programme plein de surprises pour le second semestre !

L’agenda de janvier

Vendredi 20 : Cocktail intergénérationnel avec les anciens Scubes

Samedi 28 : Journées portes ouvertes de l’UPMC

La Scube a un incroyable talent

Félicitations à la triplette 27 (aka « Scubergine riz blette vin steak »*), qui a remporté les triplétades de cuisine dans la catégorie « Plat principal » avec ses trois farces de conchigliones !

* visiblement la Scube a aussi un incroyable talent pour les jeux de mots

 


Culture

Le Scube, quand il ne bosse pas, aime sortir. Aujourd’hui, Léa Lo Van (1A) nous parle du one-man show d’un humoriste engagé.

L’hypersexualisation, le suicide, l’élevage intensif… Autant de sujets sérieux que l’on ne s’attend pas forcément à retrouver sur scène, et encore moins dans un one-man show ! Pourtant c’est bien ce que Nicolas Meyrieux, comédien qui se définit comme un « humoriste d’investigation », nous propose dans son spectacle Dans quel monde vit-on ? que Camille Barro (1A) et moi avons eu le plaisir de découvrir le mois dernier.

En utilisant son énergie et sa joie de vivre communicative, Nicolas Meyrieux nous entraîne dans 1h30 de rire mais aussi de réflexion, tout en n’oubliant pas de faire interagir le public. Jamais statique, il dépeint notre société avec un regard jeune et intransigeant, tout en conservant une indispensable part d’autodérision. Émouvant lorsqu’il se livre sur son enfance, il peut aussi se rendre ridicule en imitant les hommes politiques. Un véritable lien avec le public se crée, qui se poursuit même en dehors de la salle où, après le spectacle, l’humoriste vient volontiers discuter et prendre des photos.

En bref, un excellent comédien, avec beaucoup de potentiel et une grande générosité, à aller voir sur scène ou dans ses vidéos « La Barbe » sur YouTube !


Voilà, ce deuxième numéro du Courrier Scube est maintenant terminé. Joyeux Noël, et rendez-vous le mois prochain !