Débouchés

Les débouchés de la Scube, à l’image du double-cursus, sont particulièrement diversifiés : master en sciences sociales, ou parcours scientifique, double-diplôme ou formation hybride sans réel aménagement, les parcours reflètent les motivations et les projets de carrières de chacun.

Un Scube choisit son master après sa troisième année d’étude à l’étranger. Lors de celle-ci, il se spécialise dans une matière (Mathématiques, Biologie, Physique, Chimie ou Informatique) ou bien il peut choisir de faire plus de sciences sociales en suivant la licence générale « Sciences et Technologies ». Après sa 3A, il doit faire un choix entre les différentes voies qui s’ouvrent à lui : un master à Sciences Po (ce qui est choisi par plus de la moitié des étudiants), un master scientifique (à l’UPMC ou ailleurs, ceci représente 20% des choix), le double-master SPE (Sciences et Politique de l’Environnement – choisi également par 20% des Scubes), un parcours ingénieur, une autre filière en sciences sociales, ou encore des cursus avec deux masters en parallèle – l’un à l’UPMC et l’autre Sciences Po.  Ce post a pour but d’éclaircir ces différentes filières de débouchés. Ceci fait également suite au constat de la diversification croissante des cursus après la double-licence.

Le graphique suivant présente l’évolution des filières choisies par les anciens Scubes à l’issue de la 3A, pour les sept premières promotions :

Grandes filières

Si les double-diplômes de master (vert) ont perdu leur ancienne prédominance parmi les
scubes, ceux-ci s’orientent de plus en plus vers des filières scientifiques, qu’elles soient
suivies en parallèle de Sciences Po (orange) ou seules (bleu).

Si nous ne détaillerons pas ici les diverses filières de Sciences Po largement documentées sur les sites officiels, nous donnons dans ce post un aperçu des filières accessibles pour les Scubes (moyennant une bonne motivation et souvent un certain travail de candidature) en dehors du traditionnel cursus de master à Sciences Po.


1) Un master à Sciences Po :

Ayant naturellement accès au large éventail de débouchés en Master, une majorité des étudiants de Scube s’oriente dans une filière de Sciences Po.

Que ce soit parmi les « grands » masters traditionnels de Sciences Po. – Master Affaires Publiques (nouvellement rebaptisé « Politiques Publiques »), les diverses filières de la PSIA (en relations internationales, développement ou diplomatie), Finance et Stratégie (en business–management), Droit et droit économique (Carrières Judiciaires ou Droit des affaires) – ou bien parmi les « nouveaux masters » (post-2000) en Journalisme, Communication, Marketing  ou Urbanisme – ou encore parmi les diverses filières de recherche de l’Ecole Doctorale, vous avez l’embarras du choix dans le domaine des sciences sociales !

Cependant, une bonne partie des anciens Scubes n’abandonne pas leur fibre scientifique, même à Sciences Po ! Certains se consacrent ainsi à des sujets aux « interfaces » entre Sciences et Sciences Sociale : le Master Sciences et Politique de l’Environnement (en double-cursus avec l’UPMC, traditionnel débouché des Scubes), les filières Santé ou Energie du master Affaires Publiques, les sujets touchant la modélisation mathématique en Economie, ou les domaines de la high-tech ou de l’industrie dans les masters de management… encore une fois le choix est large.

Les deux graphiques suivants présentent les masters suivis par les anciens Scubes à Sciences Po, et leur évolution pour les sept premières promotions (qu’ils soient en master simple, en double master ou bien suivant parallèlement deux masters) :

Légende
AP/MPP : Affaire Publiques / Master Politiques Publiques
EPP : Economics and Public Policy
SPE : Sciences et Politiques de l’Environnement
PSIA : Public School of International Affairs
Fin&Strat : Finance et Stratégie
CJJ : Carrières judiciaires et juridiques
STU : Stratégies Territoriales et Urbaines

Filières (scpo) détaillées


2) Les masters scientifiques (à l’UPMC ou ailleurs)

Cependant, la Scube offre son lot d’opportunités en sciences. En effet, une part grandissante des Scubes s’oriente vers des filières scientifiques, notamment à l’UPMC, dans les écoles d’ingénieurs, à l’ENS ou d’autres universités.

Après une licence spécialisée finalisée lors de la 3A, il est naturel et assez facile (administrativement parlant) de poursuivre en master à l’UPMC. Ces masters sont très valorisés dans le domaine scientifique.

Par exemple, certains Scubes ont poursuivi en filière de biologie intégrative (physiologie ou neurosciences) ou en chimie. Les compétences très spécialisées requises dans ces filières pour la recherche (académique ou en entreprises) ont ainsi rendu les masters de l’UPMC très attractifs et reconnus.

Une part croissante s’oriente ainsi dans le master de Mathématiques et applications de l’UPMC (5e université dans le monde dans le domaine selon le Shanghai ranking), en M2 de modélisation notamment, en parallèle d’une autre filière (cas que nous traitons dans la dernière partie).

Ensuite, d’autres étudiants, désireux de s’orienter vers la recherche académique ont également postulé (et été admis) en master à l’ENS-Ulm. En effet, l’École Normale Supérieure propose aux élèves issus de premier cycle universitaire d’intégrer certains masters grâce à une cohabilitation (avec l’UPMC ou l’ailleurs).

Enfin, les Scubes, au même titre que tout étudiant titulaire d’une licence scientifique, peuvent passer les concours d’Écoles d’ingénieurs après la 3A pour rejoindre le même cursus que les élèves issus de classes préparatoires. Polytechnique, Centrale, les Mines, mais également Agro Paris Tech avec laquelle Sciences Po a signé un partenariat permettant une intégration en deuxième année : d’anciens Scubes ont pu poursuivre leurs études dans toutes ces écoles et la liste n’est pas exhaustive.

Les concours mêlent une phase d’admissibilité, sur dossier ou écrit, puis des oraux scientifiques (mathématiques, physique et mécanique principalement) et de motivation. Une fois admis, les élèves suivent le cursus ingénieurs en trois ou quatre années, offrant un large éventail de cours généraux et une spécialisation progressive : mathématiques, physique, ingénierie, informatique, chimie, biologie, économie, finance et management. Chaque école dispose de son parcours avec ses particularités menant aussi bien à des emplois de cadres supérieurs qu’à la recherche et développement en laboratoire. Comme à Sciences Po, la vie associative y est particulièrement développée et diversifiée, occupant une part notable de la vie étudiante. A noter que les écoles militaires (École de l’Air, École Spéciale St-Cyr, École Navale, etc.) offrent également, sur concours,  des places d’élèves officiers aux étudiants universitaires.

Présentation vidéo des écoles et FAQ à destination des universitaires

Site du concours ParisTech-GEI

Site du concours Casting


3) Un master de sciences sociales en dehors de Sciences Po.

Pour un certain nombre de filières, disposer d’une double compétence est un atout pour postuler dans une école en dehors de Sciences Po dans le domaine des sciences sociales.

Forts de connaissances très diversifiées et d’une expérience à l’étranger, certains scubes postulent ainsi dans les écoles de commerce.

L’admission dans le double-master « Corporate and Public Management » en partenariat avec HEC est très sélective avec son épreuve orale du « tryptique ». Quelques Scubes motivés (et travailleurs en 3A) ont pu être admis et poursuivent actuellement à moitié dans les filières générales de l’Ecole de Commerce et à moitié dans les filières du master Politiques Publiques de Sciences Po.

Certains s’orientent également vers des universités à l’étranger, comme deux étudiants en filière actuellement à la London Business School.

Enfin, de plus en plus d’étudiants s’orientent vers des filières en Economie, conduisant à la recherche académique ou aux institutions internationales.

Si le master de Sciences Po, « Economics and Public Policy » est désormais remplacé par le  « Master of Economics » de l’Ecole Doctorale, certains postulent dans des filières plus orientées vers la recherche au sein d’autres écoles.

Ainsi, le master « Analysis and Policy in Economics » et les autres filières de la Paris School of Economics sont très attrayantes. Cette école, cofondée par l’ENS-Ulm et l’EHESS, est ainsi très reconnue dans le monde de la recherche en France ainsi qu’à l’International. Deux étudiantes de Scubes ont ainsi été admises dans la filière APE.

De plus, la nouvelle Université Paris Saclay a refondé son programme d’économie (Master in Economics, MiE) avec des enseignements dans plusieurs institutions, notamment l’Ecole Polytechnique et l’ENSAE.

Le nombre d’étudiants qui postulent dans ces filières (qui sont similaires en contenu et débouchés) est de plus en plus important et démontre que les débouchés de la Scube ne restent pas cantonnées à Sciences Po, même dans le domaine des sciences sociales !


4) Les doubles masters et la double compétence en sciences et sciences sociales.

In fine, un nombre croissant de scubes, choisit – une fois de plus – de ne pas choisir et garde la double compétence même en master !

Le master « Sciences et Politiques de l’Environnement », débouché naturel des Scubes, est un double diplôme conduit par Sciences Po et l’UPMC procurant une formation interdisciplinaire tant scientifique (sciences de la Terre et du climat, écologie, chimie des pollutions, ingénierie énergétique…) que politique (relations internationales, droit et économie des ressources et de l’environnement, enjeux du développement durable et de l’énergie…)

Et enfin, de plus en plus de Scubes poursuivent en parallèle un master scientifique (à l’UPMC ou ailleurs, cf. la partie 2) et un master à Sciences Po. Ils conservent ainsi un profil à la fois diversifié et complet. Petit tour d’horizon de ces nouvelles possibilités de cursus :

5 étudiants poursuivent actuellement en parallèle une filière d’Economie (à Sciences Po) et le master de Mathématiques (de l’UPMC) dans l’optique de s’orienter en thèse vers la modélisation théorique en économie ou vers l’économétrie. En effet, la plupart des modèles macroéconomiques se basent sur la programmation dynamique et stochastique, tandis qu’en microéconomie (dans le champ de l’I.O. notamment) la théorie des jeux est fondamentale. Enfin, de plus en plus d’économètres utilisent des méthodes empruntées au Big data. Un autre étudiant en Finance et Stratégie poursuit également le même master de mathématiques afin de saisir les enjeux de l’analyse quantitative des marchés financiers liés aux développements des entreprises.

3 étudiantes en master de Droit Economique à Sciences Po, désireuses de s’orienter vers le domaine de la propriété intellectuelle, ont choisi de poursuivre à l’UPMC en master de Chimie ou de Biologie pour disposer de compétences scientifiques nécessaires au droit des brevets et de la propriété industrielle.

2 étudiants, en master d’International Security (à Sciences Po à la PSIA) poursuivent des filières d’Informatique (à UPMC) et de Cryptologie (à Paris Diderot), en vue de s’orienter vers la sécurité des systèmes d’information. Un autre étudiant de PSIA, en International Energy poursuit également le master de « Physique et applications ».

3 étudiantes dans le master SPE (détaillé plus haut) poursuivent dans une filière d’agronomie (à l’Agro Paris Tech ou à Bordeaux Sciences Agro) pour disposer de la triple compétence ingénieure agronome, scientifique – sur le climat et l’environnement – et en sciences sociales sur les enjeux économiques, sociaux et diplomatiques.

Un étudiant actuellement en cursus d’ingénieur à l’Ecole Polytechnique, poursuivra en filière de Politiques Publiques (à Sciences Po) dans l’optique de s’orienter vers la haute administration, liée aux divers secteurs de l’industrie.

Un étudiant du master de Finance et Stratégie (à Sciences Po) est également étudiant en biologie du développement à l’ENS, avec pour but de travailler dans le domaine des biotechnologies.


Comme le montre ce panorama, toutes les combinaisons sont envisageables pourvues qu’elles répondent à votre projet, cohérent et réfléchi, et qu’elles sont nourries d’une large dose de sérieux et de motivation. En effet, poursuivre deux cursus en parallèle est ambitieux d’un point de vue de la charge de travail et de l’organisation des cours dans deux filières sans aménagement. En effet, il arrive que les clashs horaires soient récurrents, que plusieurs examens tombent à la même heure, qu’un certain cours demande beaucoup plus de travail que prévu initialement, qu’une matière scientifique soit tellement technique et qu’une matière de ScPo soit tellement générale que le projet perd son sens dans ce « grand écart », qu’un cours soit difficile/impossible à valider au vu de la charge de travail du cursus ou encore qu’on perde complètement la motivation. Ceci implique que les étudiants cités suivent des masters en plusieurs années (3 ou 4 ans), parfois entrecoupées de stages. Mais ceci est la preuve que les Scubes peuvent s’adapter à ce type de projet et n’abandonnent pas leurs idées de lier éternellement sciences et sciences sociales.

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